Il manque 1 million d’emplois privés en France #1

Emploi France : Les 10 sujets qui fâchent

L’Allemagne, le Royaume-Uni et la France sont les 3 plus grandes puissances économiques Européennes. Pour atteindre un niveau d’emploi comparable à celui des deux autres leaders européens, la France devrait compter plus d’1 million d’emplois privés supplémentaires. Explications.

Taux d’emploi, taux de chômage

Une comparaison rapide avec l’Allemagne et le Royaume-Uni montre que le taux d’emploi, en France, des 20-64 ans (72,1%) est inférieur à ceux de l’Allemagne et du Royaume-Uni (respectivement 80,6% et 79,3%). Même constat avec les taux de chômage (France : 8,4% – Allemagne : 3,2% – RU : 3,8%). 

Pour se rapprocher des taux de chômage de nos deux voisins, il faudrait créer 1 millions d’emplois, de préférence privés. Cela semble énorme, mais rapporté au nombre d’emplois privés actuels, cela représente une augmentation de 5%, à la portée de la France. En créant ces emplois, la France retrouverait son rang naturel avec un taux d’emploi de 75% et un taux de chômage de 5%.

D’où vient l’écart entre la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ?

L’essentiel de l’écart entre les 3 pays provient de deux faiblesses françaises : l’entrée difficile des jeunes dans l’emploi et l’arrêt trop rapide de la carrière des seniors. Deux maux et des explications différentes.

L’entrée des jeunes dans l’emploi

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jeunes environ quittent l’éducation nationale sans qualifications ni diplômes et sans d’autre horizon que les petits boulots (tant décriés mais bien utiles)

En effet, contrairement à nos chers voisins, l’apprentissage est peu développé. Les chiffres sont éloquents : 500 000 apprentis dans notre pays après de nombreux efforts de l’Etat contre plus de 700 000 au Royaume-Uni et 1,3 millions en Allemagne. 

Problème culturel, une désindustrialisation érigée en bonne pratique qui a fait perdre à la France des centaines de milliers de postes, ghettoïsation des quartiers défavorisés … la France prépare mal son avenir digital et environnemental en excluant des milliers de jeunes de moins de 25 ans de l’emploi et de la formation à travers l’apprentissage. Résultat : record d’Europe du chômage des moins de 25 ans (537 000 chômeurs) en compagnie de l’Espagne (463 000) et l’Italie (441 000), loin devant l’Allemagne (244 000).  

Des fins de carrières écourtées et financées par la collectivité

Le dogme de la retraite à 60 ans dont la réforme a nécessité deux décennies de négociations pèse encore lourd dans le taux d’emploi des Français des 55 – 64 ans :

Cet écart a des conséquences économiques très importantes : un déséquilibre du financement des retraites dû aux nombreux départs en retraite des baby-boomers et au doublement des seniors inscrits au chômage (notamment après 60 ans parce que la société n’a plus rien à leur proposer). Sans parler des cadres qui bénéficient d’un package rupture conventionnelle plus chômage pendant 3 ans avant la retraite, cofinancé par les entreprises heureuses de baisser leurs coûts et la collectivité à travers l’indemnisation du chômage.

Responsabilité sociétale des entreprises

La création d’emploi est du ressort de l’entreprise tout comme la formation des futurs salariés à travers l’apprentissage et le maintien des seniors dans l’emploi à travers des politiques pour favoriser l’employabilité des plus âgés. De nombreux métiers sont en tension et nécessitent des efforts pour recruter, d’autres sont délocalisés alors qu’ils seraient adaptés à la formation de jeunes salariés français.

Tablons que la crise sanitaire va rebattre les cartes et permettre la création de centaines de milliers d’emplois locaux au service d’une société plus inclusive, plus apaisée et d’un modèle social qui sera sinon de moins en moins finançable.

Article rédigé par André Coisne

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